Archive: Le souvenir avant tout.

L'association des Amis du Musée de la Résistance de Vassieux en Vercors et l'association nationale des combattants volontaires de la résistance dont Joseph La Picirella est le président départemental Drôme ont organisé un rassemblement du souvenir.
La cérémonie à débuté sur le parking de la grotte de la Luire par les dépôts de gerbes au pied de la stèle érigée à la mémoire de toutes les victimes civiles et militaires assassinées en ce lieu par les barbares nazis. Ensuite, tout le cortège se dirigeait au hameau de Rousset en Vercors pour le dépôt d'une gerbe à la stèle érigée par Monsieur La Picirella en souvenir du sacrifice des huit autres blessés, résistants du Vercors fusillés près du pont des Oules au matin du 28 Juillet 1944 après avoir été contraints par l'ennemi de creuser leur fossé. C'est en présence d'un grand nombre de personnalités que s'est déroulée cette cérémonie. Entre autres on note la présence de Jacques Clot, maire de Saint Agnan et conseiller général, M. Pascal Hoeffer, maire de Vassieux, le Général Crespi (de la division partisane italienne, résistant dans le maquis yougoslave avec le maréchal Tito) et un grand nombre d'associations d'anciens combattants résistants et maquisards.

Le massacre des blessés à la Luire et au Rousset

A la Luire, le pilote d'un avion ennemi d'observation survolant le plateau, signala par une fusée le va-et-vient des patriotes de la route à la grotte. Trente minutes plus tard, des chasseurs alpins autrichiens remontant le lit asséché du ruisseau de la Luire firent irruption dans la grotte. Malgré un drapeau de la Croix Rouge déployé sur une paroi de la caverne, les Allemands s'approchèrent menaçants. Les quartes prisonniers polonais blessés que les maquisards soignaient se précipitèrent au devant d'eux en criant: « Nicht Schiessen, Nicht Schiessen! (ne tirez pas !) ». Ils tentèrent d'expliquer qu'ils avaient été bien traités, mais l'officier les repoussa en les traitant de déserteurs et leur ordonna de sortir en levant les bras. Puis après avoir contraint le personnel sanitaire à s'aligner face à l'une des parois rocheuses, les Allemands firent lever tous les blessés en état de marcher et prirent la direction de Grenoble. En cours de route, ils rencontrèrent des parachutistes allemands venant de Vassieux, qui s'en prirent au gradé qui conduisait le convoi. Ils firent faire faire demi tour aux chars à foin transportant les brancards qui revint à la grotte escortés par quelques-uns des nouveaux venus, les autres accompagnant à Rousset, les trois médecins, le personnel sanitaire, le RP Moreau de Montcheuil et huit blessés légers. De retour à la grotte, les grands blessés furent jetés du char puis achevés. Les blessés légers furent emmenés au hameau du Rousset où ils furent aussi achevés après avoir été contraints de creuser leur tombe.
Monsieur La Picirella remettait ensuite la médaille d'honneur du Musée au Général Crespi ainsi qu'à MM. Gilbert Gouverneur, Roger Filippi, Henri Wild, membres du conseil d'Administration des Amis du Musée.

Le Dauphiné libéré, Samedi 25 Juillet 98.

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